On ne se lâchera pas la main

La mythique salle parisienne de concerts et spectacles du Bataclan, où se produisait le groupe de rock américain Eagles of Death Metal, a été la cible de l’attaque la plus sanglante lors des attentats du 13 novembre 2015 à Paris. 90 personnes sont mortes lors de l’assaut de trois kamikazes djihadistes de l’Etat islamique, sur un bilan total de 130 tués lors de ces multiples attaques. 

Cette nuit là Cali se produisait en concert à Brives-Charensac avec son groupe. 700 personnes étaient venues l’acclamer à la Maison pour tous. L’ambiance était à son comble. A la sortie du concert les visages se crispaient les uns après les autres. Les portables sonnaient. Quelque chose de grave se passait. Des gens partirent d’autres restèrent atterrés, désorientés devant le bar…Passer du rire aux larmes… Une incompréhension totale. L’équipe du chanteur allait et venait entre le bar et les loges sans trop savoir que faire. Cali finit par sortir de sa loge tête baissée pour se diriger vers le bus de la tournée…

Alors qu’il était dans son studio Cali déclara avoir écrit dans un état de tristesse « on ne se lâchera pas la main » avec Julien Lebart au piano et Mélody Giot au violoncelle. Chanson mise en ligne dès le 16 novembre 2015 mais jamais enregistrée sur un album.

le 19 Décembre 2015 dernière date de la tournée à Perpignan. Cali choisit de jouer cette chanson qu’il n’a joué qu’une seule fois et qu’il souhaite jouer pour la dernière fois accompagné de Mélody Giot et Julien Lebart. Ce moment restera unique. A la fin de la chanson Cali détruit le texte de ce poème avec rage et colère comme pour ne plus avoir à revivre cet instant…

En 2016 Cali enregistre « tout va recommencer« . chanson sur la vie après les attentats du 13 novembre 2015.

Le 13 mars 2017 Cali se produit au Bataclan pour son spectacle « seul en scène ». Désormais dit il, « chaque concert au Bataclan sera un hommage à ceux qui y ont perdu la vie. J’ai répondu présent de suite parce que c’est une salle formidable et je ne veux pas qu’elle devienne un tombeau… » Grande émotion quand le chanteur traversa le public un doigt sur la bouche pour demander le silence. Ce silence durera jusqu’à son retour sur scène ou il poursuivra, les larmes au yeux, »1000 cœurs debout ».

En septembre 2020, le procès des attentats du 13 novembre 2015 s’est ouvert pour six mois devant la cour d’assises spécialement composée de Paris. Prévu en janvier, il a dû être reporté en raison de la pandémie de Covid-19. Un procès d’une ampleur exceptionnelle, 1 765 parties civiles physiques et morales, plusieurs centaines d’avocats et de journalistes pour une attaque terroriste de masse, la plus meurtrière en France depuis la Seconde Guerre mondiale.

Je pause une bougie sur le rebord de la fenêtre
Mon voisin lui aussi allume aussi sa bougie
Alors on se sourit
On ne se connaît pas très bien
Mais ce soir on sait on ne se lâchera pas la main
 
On regarde dans la même direction
Ce ciel qui n’a plus d’horizon
De la fumée s’envole de nos bouches
Par ce putain de mois de novembre
Par cette nuit laide qui se couche sur cette trop longue journée d’après
 
En face d’autres bougies sur d’autres fenêtres
Comme une guirlande d’étoiles jusqu’à demain
On ne se connaît pas bien
Mais ce soir je sais mais ce soir on sait
On ne se lâchera pas la main.
 
Un petit vent frais se lève
Et ma flamme ne bouge pas
La sienne si elle monte droit belle et fière
Dans la nuit alors encore on se sourit
 
Ce soir on compte nos enfants morts
Paris t’es pas belle quand tu dors
On ne se connaît pas bien
Mais ce soir je sais
Mais ce soir tu sais on ne lâchera pas la main.
Cali on ne se lâchera pas la main – Perpignan – 2015

Sois Doux (feat. Tom Barman)

 4ème titre de l’album Cavale de Cali sorti le 13 avril 2020.

Une partie de cet album a été faite au studio ICP à Bruxelles. Cali a enregistré cette chanson en duo avec Tom Barman le chanteur du groupe dEUS.

Cette chanson est composée de mots touchants et délicats. La mélodie est pop et légèrement électro. La douceur et la délicatesse des voix de Tom Barman et Cali nous bouleversent. C’est tendre, sincère, émouvant. C’est l’amour après des années de solitude. Réapprendre à aimer.

Le chanteur dit avoir très fort pensé au film les Valseuses. Une comédie dramatique française écrite et réalisée par Bertrand Blier en 1974 avec Patrick Dewaert et Gérard Depardieu. Dans ce film ils décident d’aborder une femme (Jeanne Moreau) qui sort de prison après 10 ans de détention …

Sois doux
Sois doux
Tout ce temps loin de la vie
Je n’ai pas touché d’homme
Aucun fantôme n’a posé ses mains sur moi
Depuis toi depuis toi

Sois doux
Sois doux
Tous ces jours sans être aimée
Sans être regardée
Tout ce temps loin de la vie
Aime-moi doucement
Aime-moi maintenant
Viens, viens

Sois doux
Je veux que tu sois doux
Aucun sourire n’était pour moi
Aucun homme n’a posé ses yeux comme toi
Rien que pour moi
Je n’ai pas eu les mots qui font du bien
Qui font du bien

Sois doux
Sois doux
Aucun autre n’a passé ses doigts dans mes cheveux
Je ne sais plus le goût de la peau
Je ne sais plus les mots qu’il faut dire
Les plus beaux les plus hauts les plus hauts
Mon ventre n’a pas crié
Depuis toutes ces années
Je n’ai plus pleuré c’est si bon de pleurer

Tout ce temps loin de la vie
Je n’ai pas touché d’homme
Aucun fantôme n’a posé ses mains sur moi
Depuis toi
Depuis toi

I had to find the truth
Through living without you

This solitude was only just
A moment I got stuck into

You’re everywhere my gaze is
And dues to pay I paid it

I promise you
I’ll be there
When the thunder drowns your cries out

When the night makes you blind
And you feel left behind

I’m telling you
I’ll be there when the thunder drowns your cries out

‘Cause I don’t need another

I’m telling you
I’ll be there when the thunder drowns your cries out

Jeanne Moreau Gérard Depardieu « Les Valseuses »

CAVALE

Cavale, le premier titre éponyme du 9ème album studio de Cali sorti le 13 mars 2020. Chanson composée avec Augustin Charnet, compositeur, réalisateur… la chanson est un message à une ex sur le point d’en épouser un autre. Un texte plein de nostalgie et de souvenirs, lui aussi a refait sa vie. On y retrouve le passé de Cavale et Slim les Héros de Cowboy Mouth.

En effet, Cali et Augustin se sont inspirés de la pièce de théâtre Cowboy Mouth réalisée en 1971 par l’acteur réalisateur Sam Shepard et la chanteuse poète et photographe Patti Smith. Cette pièce se situe dans le New-York du début des années 70. En pleine rue, Cavale ( Patti Smith) kidnappe un homme, père de famille, avec une gueule de cowboy, Slim (Sam Shepard).

Cali a joué cette pièce en 2014 au théâtre de la Gaîté Montparnasse avec Marie Baraud.

« Cavale ça veut dire s’échapper » est la dernière phrase de la pièce Cowboy Mouth mais aussi le titre de son second roman…

Cali utilise de multiples supports et va jusqu’au bout de son art et de sa poésie pour s’exprimer.

Parait que tu t’en es sorti
Que t’es toujours aussi jolie
C’est un bon gars qu’est avec toi
J’ai entendu ça, j’ai entendu ça


J’ai hésité longtemps mais je t’écris
Moi j’ai pas pu quitter Paris
J’aime toujours pas cette ville
Tu vois, qu’est-ce que j’aimerais pas mourir là


J’ai arrêté de boire tu sais
Ça fera 1 an le 14 janvier
Je vois des gens qui m’aident, c’est extra
J’ai une vraie famille autour de moi


Parait que tu vas te marier
Est-ce que tu m’laisserais t’envoyer
Un petit quelque chose, c’est trois fois rien
Mais si tu veux bien moi j’y tiens

J’ai retrouvé les chaussures qui te plaisaient
C’était les rouges, j’pouvais pas me tromper
Ton sourire ce soir là m’a mis à genoux
Devant cette vitrine on était comme des fous


Tu voulais faire de moi une star du Rock’n’Roll
Moi j’étais hanché sur la colle de cowboy
Le premier soir où j’t’ai emmené diner
J’ai su que pour toi j’pourrais tout quitter

Est-ce que tu boittes encore mon p’tit corbeau sauvage?
Est-ce que dans ton ventre y’a toujours cette rage?
Ça t’rendait jalouse les gens qui s’tuent
Moi j’t’aimais même quand j’avais trop bu


A Paris le ciel est toujours enrhumé
Y’a même plus d’lune vers qui hurler
Je repasse des fois devant notre Chelsea

Ça m’fait plus mal, j’ai une autre vie
Tu verrais comme il est beau mon garçon
Il ramène plein de bonnes notes à la maison
J’aime ma femme, elle a su étrangler
Les fantômes qui voulaient me noyer


Est-ce que tu lui as raconté à lui aussi
Que t’as jamais pu devenir ce cygne pourri?
J’ai jamais pu relire le vilain p’tit canard
Elle est vraiment tordue cette putain d’histoire

Tu me manques mon bébé
Tu me manques à en crever
Ce soir je cherche ton rire, tes larmes
Qui glissaient sans prévenir
Woh-oh-oh-oh-ooh


Peut-être que les rêves que tu avais pour moi
Ils étaient pour toi
Cavale
Ils étaient pour toi
Ils étaient pour toi
Cavale
Ils étaient pour toi

Voilà je te souhaite d’être aimée
Je te souhaite une vie loin des gueules cassées
Je s’rai toujours ton slim mais n’oublie jamais
Cavale, ça veut dire s’échapper

Je te souhaite à mon pire ennemi

Chanson de l’album « Menteur » sorti en 2005 et premier titre du premier album live « Le bordel magnifique » de Cali , sorti le 2 octobre 2006, enregistré à Lille.

Encore une fois Cali règle ses comptes.  Pour en venir à écrire des mots si puissants il faut  avoir énormément souffert. C’est une chanson défouloir, pleine de haine, sortie de ses tripes. Une première écoute suffit pour comprendre.  Elle déborde de tristesse. Le verbe est cru,  les mots sont très forts et les phrases plus cruelles que jamais. La souffrance est ressentie à chaque instant. 

la musique qui est aussi violente que le texte, très électrique.

Jean-Claude Maes,  psychologue et psychothérapeute à Bruxelles, spécialiste de l’emprise , de la perversion narcissique et des sectes, a repris le texte de cette chanson pour introduire le chapitre 5 « Après la sortie » de son livre « D’amour en esclavage : Ces relations qui font mal »…. 

http://https://www.youtube.com/watch?v=3lypEelW-RE

Je te souhaite à mon pire ennemi
Oh oui je t’imagine agrippée à son bras
Prête à éventrer à tout moment
L’espèce de bout d’amour
Qu’il essaie de construire

Pardonnez-moi de rire
Mais j’imagine ce type
Enveloppé dans sa détresse extrême
Ressassant toutes les manières
De se foutre en l’air

Te traînant à son bras
Laide la bave aux lèvres
Comme un pitbull sans muselière
Je te souhaite à mon pire ennemi

Je voudrais presque le sauver
Lui tendre la main le réconforter
Lui dire combien je sais qu’il souffre
et qu’il n’a pas fini de mourir plusieurs fois

Tes doigts sont des couteaux
Tes yeux des lance-flammes
Alors je l’imagine s’extirper en lambeaux
De ce qu’il te reste de charme

Je te souhaite à mon pire ennemi, je te souhaite à mon pire ennemi, je te souhaite à mon pire ennemi…

Lentement je le vois chavirer
Lentement l’entendre sombrer
Se noyer dans l’océan de larmes que tu lui auras tiré
Le voir vieillir et se ratatiner
A chercher la sortie
Qu’il ne trouvera jamais
Je te souhaite à mon pire ennemi

Je te souhaite à mon pire ennemi, je te souhaite à mon pire ennemi, je te souhaite à mon pire ennemi…

Je veux le voir souffrir sous le souffle gris de ta perversité
Je veux le voir mourir comme tu m’as tué
Et je veux qu’il avance épuisé harassé le dos voûté
Dans le bourbier de ses remords
Qu’il se demande pourquoi ce jour-là il t’a ramassée
Je veux le voir mourant et les paupières tristes
Qu’il se demande encore

Je te souhaite à mon pire ennemi, je te souhaite à mon pire ennemi, je te souhaite à mon pire ennemi…

Je veux le voir brisé
Que le diable l’emporte
Je suis le veuf d’une traînée
Qui n’est pas encore morte

le grand chemin

« Le grand chemin », chanson de l’album « l’âge d’or » produit par David François Moreau en 2015.

Cali prend plaisir à côtoyer ses idoles de jeunesse.  Mike Scott des Waterboys intervient sur la chanson « List of Lies » de l’album « l’espoir ». Patti Smith a partagé la scène avec lui avec « Smell like teen spirit » en 2008 dans l’émission Taratata… là, il interprète cette chanson avec  Jimme O’Neill chanteur mythique du groupe « the silencers »

Pour Cali, Jimme O’Neill est un mythe, un dieu vivant. Toujours déterminé à réaliser ses fantasmes, il lui a proposé de chanter avec lui. Ce n’est pas un hasard.  L’univers musical Celte du nord de l’Europe a profondément influencé l’artiste.

Tout deux nous embarquent dans une histoire retraçant les moments heureux de l’existence avec l’envie de poursuivre le chemin… Comme toujours, le volcan de Cali explose avec la voix rugueuse de l’Écossais et la musique Celto-rock de cette ballade. 

Dans cette chanson il fait référence à une autre de ses idoles, Bruce Springteen, le Boss. A quand le duo ? 

Jimme O’Neill  et Cali ont chanté pour la Pop Rock Party au Galaxie d’ Amnéville le 22 décembre 2012, au Maggic Mirror Festival Mythos à  Rennes le 5 Avril 2012, aux déferlantes en 2017.

Ils ont interprété le grand chemin à « l’étage«  à Rennes en mai 2015. Un grand moment…. 

You are still my bride, we’ve the light inside,
It’s the act between Venus and Mars

Chérie, ramasse to sourire
Nous partons tous les deux vers très loin
Chérie, mets ta belle robe rouge
Et lâche tes cheveux, t’es mon petit Indien

Chérie, on va faire comme avant
Comme avant les enfants, quand on s’est ramassés
Chérie, on boitait tous les deux
Et au fond de mon ventre, t’es venue te nicher

Je vais t’emmener là-bas, ce soir la nuit nous appartient
Je vais t’emmener là-bas, c’est au bout du grand chemin

And the road it shines, lines of matrix signs
That are signalling love to the stars
You are still my bride, we’ve the light inside
It’s the act between Venus and Mars

Chérie, c’était à l’arrêt de bus, à la sortie du concert de Bruce
Il nous en a fait lui du bien
Chérie, sans un mot sans rien dire, J’ai ramassé ton sourire
Tous les deux on savait bien

Je vais t’emmener là-bas, la vie nous a volé presque rien
Je vais t’emmener là-bas, c’est au bout du grand chemin

And the road it shines, lines of matrix signs
That are signalling love to the stars
You are still my bride, we’ve the light inside
It’s the act between Venus and Mars

Chérie, t’as les mains sur les hanches sur le pas de la porte
Tu sais que ça me tue
Chérie, et sous ta robe rouge y’a mon rêve qui bouge
Je t’aime comme au début

On va s’aimer encore là-bas, tu m’en as fait toi du bien
On va s’aimer encore là-bas, c’est au bout du grand chemin

And the road it shines, lines of matrix signs
That are signalling love to the stars
You are still my bride, we’ve the light inside
It’s the act between Venus and Mars

And the road it shines, lines of matrix signs
That are signalling love to the stars
You are still my bride, we’ve the light inside
It’s the act between Venus and Mars

You are still my bride, we’ve the light inside
It’s the act between Venus and Mars

Mes vieux cinglés

Mes vieux cinglés, deuxième titre de l’album « Vernet les bains » paru en 2012. Titre en guitare voix.

C’est un texte qui fait mal. Cali, à la première personne du singulier livre une vision déchirante de l’enfance . Il se met dans la peau d’un enfant qui regarde ses parents se déchirer.

Il a expliqué que c’est sa fille qui lui a suggéré cette chanson. Elle lui a raconté qu’un petit garçon de sa classe n’était pas bien et faisait tout de travers et il a imaginé ce que pouvait être l’ambiance chez lui…

Les enfants ne choisissent pas et on ne doit pas leur faire vivre cette situation, ne pas leur offrir une ambiance de guerre. La violence est un sujet récurrent dans les textes de Cali. Parler de la violence pour la dénoncer, briser le tabou…

Le réalisateur Anglais Zack Spiger  a réalisé le clip avec une ambiance très cinématographique.

Fichez-moi la paix, mes vieux cinglés,
ne me courez plus après,
Ne cherchez pas à me revoir,
Fichez-moi la paix
.

Je vous laisse mes vieux cinglés,
Bourrez-vous la gueule tant que vous voudrez,
Battez-vous, cassez tout
Ce que vous pouvez.

Je ne veux plus en être
Mes vieux cinglés,
Vous étiez mes parents,
Et je me suis allongé
Tous ces soirs en entrant

De l’école dans votre maison,
Ma petite chambre, ma prison,
Mais je ne peux plus non.

Fichez-moi la paix, mes vieux cinglés,
Brûlez tout les bouts de moi qui traînent encore,
Tout les souvenirs, mes anniversaires ratés,
Où vous vous battiez encore.

Brûlez tout, moi je l’ai déjà fait,
Quand vos insultes volaient comme des pierres
A travers la maison , mes vieux cinglés

J’ai eu ma dose de mal au ventre
Quand vous hurliez, quand vous hurliez,
J’ai tellement prié pour me réveiller dans un autre lit.

Pourquoi les gens hurlent et se blessent ?
Pourquoi ?
Un enfant ne devrait pas se poser
Ces question là.

Lui : « elle est folle ! »
Elle : « il va me tuer! »
Brûlez tout mes vieux cinglés,
Moi je l’ai déjà fait.

Un enfant a besoin près de son petit lit
D’une lumière tendre,
Et au bord du sommeil, d’une histoire
Qui se termine dans l’amour,
Qui se termine dans l’amour.

Sans toi

Chanson de l’album « Fictions » de Jane Birkin. CD Paru le 20 mars 2006.

Dans « Sans toi » on reconnaît immédiatement la plume de Cali… Dans son album « menteur » il avait déjà dédié une chanson à Jane Birkin « Pour Jane »

Tu vois, tu vois
Toutes ces journées sans toi
Ne servent à rien
Elles passent et puis voilà
Crois-moi, crois-moi
Toutes ces journées sans joie
Et toi comme un miracle
Qui n’arrive pas
Tout ce que je voulais
De beau pour toi et moi
C’est de la porcelaine
Qui vole en éclats
Tout ce que je voulais
De beau pour toi et moi
Et tous ces petits bouts
Qu’on ne retrouve pas
Reviens, reviens
Ou je me fous en bas
Ce n’est pas du chantage
Mais ça dépend de toi


Crois-moi, crois-moi
Crois-moi je ne mens pas
Si tu voyais mes cernes
La nuit je ne dors pas
Chaque jour sans amour
Rabote un peu de moi
Y’a des pelures dans tous les coins
Ma vie en petits tas
Tu m’as confié ton ombre
Mais toi tu n’es pas là
J’ai le brouillard de l’ombre
Sous chacun de mes pas

Tu vois, tu vois
Toutes ces journées sans toi
Ne servent à rien
Elles passent et puis voilà
Voilà , voilà
Que me revient tout ça
Ces journées, fous d’amour
Accrochée à ton bras
Six mois c’est long
Sans nouvelles de toi
Peut-être que je te manque
Mais je ne le sais pas
Six mois, six mois
Ça fait déjà six mois
Que je perds les pétales
Reviens-moi, reviens-moi

Et surtout ne sois pas heureux
Non, surtout pas sans moi
Puisses-tu finir pute, mal marié
Très seul et tout en bas
Tu vois, tu vois
Toutes ces journées sans toi
Ne mènent à rien
Je fais n’importe quoi
Sans toi


Je regarde mes 17 ans

Chanson de l’album « la vie et une truite arc en ciel qui nage dans mon cœur » sorti en 2010.

Cali se rappelle ses 17 ans, il se dit jaloux des jeunes de 17 ans, ils ont tout l’avenir devant eux, l’éternité…

C’était mieux avant même si beaucoup de gens disent qu’avec l’âge, on acquiert la sagesse. La sérénité n’est pas un aboutissement.

Cette  période de l’existence on l’on découvre la vie est magique. 

pendant l’un de ses concerts, à l’occasion de « je regarde mes 17 ans », Cali fait monter sur scène des dizaines de jeunes de 17 ans. Un moment très émouvant. 

Dans son deuxième roman « Cavale ça veut dire s’échapper », nous retrouvons également Bruno, à l’aube de l’âge adulte, en pleine adolescence. C’est le moment où l’on se construit, où l’on se pose des questions. Cali nous transporte  dans son jeune âge, les premiers doutes, premiers émois, les conflits, les projets…

Les textes des chansons et les romans de Cali sont très complémentaires.

Je regarde mes 17 ans
Et c’est un grand coup de genoux dans le ventre
Je regarde mes 17 ans
et c’est un crochet sur le menton et le coude en suivant
qui vient s’écraser sur mon nez, je regarde mes 17 ans
et tous ces coups de pieds dans mon ventre
Je regarde mes 17 ans
Je supplie à quatre pattes, KO, amoché, vieux
Et tous ces jeunes culs qui dansent pour les autres
ceux qui ont 17 ans et la vie devant eux
Je regarde leurs 17 ans et cette procession de sourires éternels
Et si j’avais du cran, je planterais ce canon dans ma bouche
Mon dieu tu étais belle.

Je regarde mes 17 ans
et je voudrais noyer la presque morte qui ronfle en me tournant le dos
Je regarde mes 17 ans
et je voudrais pleurer car je ne suis plus sûr,
car je ne suis plus beau
je me souviens des mains posées sur mon corps neuf
un corps de 17 ans qui s’offrait à la vie
je me souviens du môme, fiévreux dans le miroir
brandissant à l’Amour le drapeau de la vie
je regarde mes 17 ans
Je regarde jaloux mes 17 ans gémir
Je regarde jaloux vos 17 fleurir
Je regarde jaloux mes 17 ans gémir
Je regarde jaloux vos 17 ans fleurir
Je tuerais pour tout ça, je tuerais pour tout ça
Je tuerais pour tout ça

La courageuse

« La courageuse », fait parti du livre « Brigadistes ! » sorti à  l’occasion du 80ème anniversaire de la création des brigades Internationales. Celui-ci est composé de textes écrits par des auteurs, des compositeurs, des interprètes, des cinéastes, des dessinateurs de BD, et autres personnalités. Tous ayant été amené à croiser le chemin des Brigades internationales.

Lorsque les Franquistes prennent le pouvoir, la famille Caliciuri, doit de s’exiler. Ils quittent ainsi l’Espagne pour rejoindre la France. Une histoire que nous pouvons retrouver dans deux chansons, « L’exil » et « Giuseppe et Maria ».

Cali a imaginé la lettre que sa grand-mère, Maria del Pilar Gonzalez Veladol, a écrit au camp de Saint-Cyprien alors que son mari Guiseppe Caliuciuri, lieutenant de la XIIème Brigade du groupe Anna Poker était interné aux camps de Gurs puis d’Argelès-sur-mer.

Des étudiants en littérature ont travaillé sur cette lettre qui, si nous nous référons  aux témoignages recueillis par les historiens, semble très proche de la réalité.

Malgré la gravité de la situation cette lettre est pleine d’espoir, de vie, de rêve. Elle est surtout rempli d’humanité.

« Je rêve, oui je rêve. Que tu es là, debout au pied de ma couche. Mon beau soldat aux yeux si clairs. Je rêve, oui je rêve.  Et je vois l’Italie que je ne connais pas.

Je rêve, oui je rêve, tu es là, tu souris, mon beau brigadiste aux yeux si verts. Et tant pis pour l’Espagne, elle nous aura mariés, mais elle nous a tout pris. Il fallait s’en aller.

Je rêve oui je rêve,  dans cette laide baraque qui ronfle tout autour. Toutes ces femmes sans homme qui rêvent comme moi. Rêver pour seul secours. On leur a tout volé elles aussi. On ne leur prendra pas leur rêve cette nuit.

Je rêve que tes mains se posent sur ma peau. Une caresse maintenant, juste une caresse, j’en crève. Relève ma nuisette, viens te coller à moi, mon beau soldat debout, aux yeux si loin. Et ton corps si fort qui vient couvrir mon corps. Je suis si fatiguée et mes mains sont si laides. Un jour j’en prendrai soin. Tu pourrais me briser, je ne pèse plus rien. Regarde notre amour qui vole au dessus. Regarde. Tu m’en as fait toi du bien. Je ne regrette rien. Ni la faim, ni le froid, ni notre enfant qui dort juste à côté de moi. Il te ressemble tant. Je ne regrette rien, tu es l’homme qui me plaît, tu es l’homme que j’aime. Ils ne prendront pas ça. Nous avons traversé les montagnes hostiles et la neige et la route qui ne terminait pas. Nous avons traversé. Et la mer juste là sera un jour si belle. Mon amour si tu pouvais le voir, ton enfant comme il dort. Et comme il ne sait pas encore que le monde peut-être cruel. Mais non , ce monde n’est pas définitivement mauvais. Il ira, crois moi, vers le meilleur. Comme un enfant qui grandit et fait moins de bêtises. J’en fais le serment. Notre enfant est notre tout. Comme ses mains sont les tiennes ! et sa bouche et ses yeux! Je jure elle sera belle sa vie .

Je t’écris du fond de ce dortoir puant, où des corps fatigués gémissent et se serrent et ce gardien perdu qui se racle la gorge juste là derrière. Lui aussi il a froid et loin de sa famille il me fait de la peine. C’est drôle, son fusil ne me fait plus peur. L’autre jour, il m’a tendu son pot de lait. « Pour votre bébé », il a dit. Te rends-tu compte ? Vois-tu comme tout n’est pas si irrécupérable ?

Mais je rêve, je rêve et il me reste ça, ton sourire, mon soldat, et tes mains sur mon corps. Sous ce tissu marron, qui me cache un peu, nous nous serrons si fort. Je sens Le Bon Dieu qui n’existe plus et qui est là pourtant.

La-bas, à l’autre bout de la baraque froide, un bébé accroché au sein de sa maman. On dirait un chaton qui mordille un gant. Elle aussi elle rêve. Je vois ses yeux jetés par un bout de fenêtre, vers le loin de la mer. C’est sûr, elle a aimé.

Je souris doucement et puis ne m’en veux pas. Je suis sûr que là où tu es tu souris toi aussi. Avec d’autres fantômes, comme toi prisonniers, partageant vos mégots. Vous parlez de grand jour et de passionnaria…Et de Franco la muerte.

Tu sais, j’ai encore confiance en l’homme cette nuit. Je sais que grâce à nous et notre tragédie le futur sera beau. Il n’y aura plus d’exil. Tous ces gens malheureux. Plus de désespérés. Ces peuples égarés sur le bord des routes. Grâce à nous mon chéri.  Grâce à toi mon mari chéri. Le monde sera beau. Te rends-tu compte ? Je souris encore. Et puis je le redis, cet enfant qui dort là, juste là, juste à côté de moi, aura une belle vie, je le crache par terre.

Je rêve, oui je rêve. Pitié, que cette nuit jamais  ne s’arrête. Et que mes doigts gelés trouvent encore la force de serrer ce crayon. Je veux sentir  encore ta peau contre ma peau, mon beau soldat si fier, mon héros aux yeux clairs. Pose encore tes mains tout le long de mon corps. Mon corps, il est à toi. Et Je veux d’autres enfants. Car ses enfants de toi sont toute ma fierté. Et seront la fierté du mon de demain. Je crois en l’amour, alors j’ai foi en l’humanité c’est ça ?

Et dans ce pays neuf que l’on ne connaît pas, nous allons repartir. Nous allons tout reconstruire. Et puis je suis si fière de ce nom que tu m’as offert, Caliciuri…Il est de tous les pays, il est du monde entier, il me rend si jolie.

Le vois-tu toi aussi notre prochain refuge ? Cette ville ensoleillée avec sa grande rue et ses grands magasins ? Ah, nos enfants… je tiendrais leurs petites mains pour aller à l’école. Il n’y aura plus rien d’autres que cette vie devant. Dans leurs plus beaux habits, comme ils seront délicieux. Le vois-tu ce chemin qui mène à l’école et ces gens tout autour qui nous saluent, accueillants, et l’odeur du printemps ? Comme je serais fière ! Ils apprendront tout ! Oh ! Ils vont étudier, passionnément, goulûment ! cette langue nouvelle comme ils vont l’adorer ! Ils apprendront tant ! Jusqu’à la liberté ! Oui, je leur souhaite des poèmes et des chants d’amour. Et puis à l’heure d’éteindre leur petite lumière le soir ils me supplieront encore. « Un petit peu, maman, encore, s’il te plaît, une dernière page… » Ils voudront tout lire, tout lire tout de suite, tous les livres du monde.

Et les enfants de nos enfants ? As-tu pensé à ça mon amour ? Nous serons leur havre, leur repère. Et un jour ils sauront qu’il y avait de la neige et puis ce long chemin pour venir jusqu’ici. Oh, ce bébé qui dort juste à côté de moi, il fallait qu’il soit si fort pour s’accrocher à vivre ! Quand nous l’avons poussé dans sa brouette en bois en guise de landau pour passer la frontière, t’en souviens-tu ? Bien sûr tu te souviens ! Suis-je Bête ! Jamais nous n’oublierons. Nous lui avons parlé pas après pas. Tout ces mots de courage qui nous auront aidés à marcher nous aussi. Et tu lui as chanté l’Espagne et l’Italie. Je sais qu’il comprenait et qu’il sentait le souffle de cette vie meilleurs. Celle qui nous attendait au bout de cette route, nous et tous ces milliers.

Il est là notre bébé, notre futur, et il vit. Demain les nouvelles seront bonnes et nous seront ensemble. Mon beau soldat aux yeux si verts. Caresse-moi encore, tu me fais tant de bien. Grâce à toi, grâce à nous s’ouvre un futur radieux. Il n’y aura plus jamais jamais de familles égarées qui quittent leur pays. Qui laissent leur maison, Qui brûlent leur passé. Leur enfance. Qui laissent leurs racines. Qui abandonnent le sang de leur sang. Et ces églises où l’on se mariait. Et ces cimetières et leurs morts adorés qu’on fleurissait. Il n’y aura plus ces troupeaux de désespérés qui suivent un chemin dans la neige et le froid et le bruit des canons.

Je m’accroche à ta main. Quand ils m’ont arrachée la tienne les hommes d’un côté et les femmes de l’autre, j’ai vu ton regard noir, j’ai vu tes points serrés. Eh bien, vois-tu, ces poings seront toute ma force !

Oui, tu m’as tout donné à cette instant. Je ne lâcherais rien. Ces poings que tu serrais mon homme, ces poings sont dans mon coeur. Oh ! Mon amour. Tu es l’homme qui me plaît, tu es l’homme que j’aime, s’il te plaît reviens-moi, je t’attends, courageuse. »

 

Cavale ça veut dire s’échapper

Cavale ça veut dire s’échapper « extrait »

CALI

Sortie le 14 mars 2019 éditions « le cherche midi »

« Bruno, 15 ans,  entre dans l’adolescence comme si demain était son dernier jour, en cavalant. Bruno prend tout, s’immerge dans la violence des émois qui déterminent cet âge-là, et nous nous prenons à cavaler avec lui. Cavale se déroule fiévreusement et s’ancre dans nos esprits comme le reflet de nos jeunesses passées, et c’est tout l’art de Cali que de savoir nous les faire revivre au travers d’un ton et d’une voix d’une justesse absolue. »  (Agence littéraire CGR)

Cali « Cavale »

« On ne comprenait pas tout, mais à nos âges tout explosait autour et on ne demandait qu’une chose, exploser avec. »

« Un instant, j’ai voulu vous suivre, vous voir, respirer ce que j’aurais dû respirer. Mais je suis resté sur la pente. J’ai pleuré, pas fort non, mais ruisselant à l’intérieur. J’entendais des gouttes tombées de très haut, une à une, au fond de mes entrailles  déchiquetées. Mon ventre pleurait et mon coeur hurlait, comme quand un coeur hurle à la fin du tout. Est-ce qu’on meurt d’amour ? »

« C’était beau, je jure que c’était beau comme Babylone. Nos yeux qui dansaient là autour de la table  de notre bar favori, autour de ce projet de vie, d’amitié de fraternité. Nos coeurs qui hurlaient dans cette forêt broussailleuse, hasardeuse, qu’on appelle l’adolescence. Plus rien autour. Seule la meute prête à mordre. Pas une fille pour nous aider à souffrir, rien. Juste cette bande de jeunes déjantés de quinze ans. »