Mes vieux cinglés

Mes vieux cinglés, deuxième titre de l’album « Vernet les bains » paru en 2012. Titre en guitare voix.

C’est un texte qui fait mal. Cali, à la première personne du singulier livre une vision déchirante de l’enfance . Il se met dans la peau d’un enfant qui regarde ses parents se déchirer.

Il a expliqué que c’est sa fille qui lui a suggéré cette chanson. Elle lui a raconté qu’un petit garçon de sa classe n’était pas bien et faisait tout de travers et il a imaginé ce que pouvait être l’ambiance chez lui…

Les enfants ne choisissent pas et on ne doit pas leur faire vivre cette situation, ne pas leur offrir une ambiance de guerre. La violence est un sujet récurrent dans les textes de Cali. Parler de la violence pour la dénoncer, briser le tabou…

Le réalisateur Anglais Zack Spiger  a réalisé le clip avec une ambiance très cinématographique.

Fichez-moi la paix, mes vieux cinglés,
ne me courez plus après,
Ne cherchez pas à me revoir,
Fichez-moi la paix
.

Je vous laisse mes vieux cinglés,
Bourrez-vous la gueule tant que vous voudrez,
Battez-vous, cassez tout
Ce que vous pouvez.

Je ne veux plus en être
Mes vieux cinglés,
Vous étiez mes parents,
Et je me suis allongé
Tous ces soirs en entrant

De l’école dans votre maison,
Ma petite chambre, ma prison,
Mais je ne peux plus non.

Fichez-moi la paix, mes vieux cinglés,
Brûlez tout les bouts de moi qui traînent encore,
Tout les souvenirs, mes anniversaires ratés,
Où vous vous battiez encore.

Brûlez tout, moi je l’ai déjà fait,
Quand vos insultes volaient comme des pierres
A travers la maison , mes vieux cinglés

J’ai eu ma dose de mal au ventre
Quand vous hurliez, quand vous hurliez,
J’ai tellement prié pour me réveiller dans un autre lit.

Pourquoi les gens hurlent et se blessent ?
Pourquoi ?
Un enfant ne devrait pas se poser
Ces question là.

Lui : « elle est folle ! »
Elle : « il va me tuer! »
Brûlez tout mes vieux cinglés,
Moi je l’ai déjà fait.

Un enfant a besoin près de son petit lit
D’une lumière tendre,
Et au bord du sommeil, d’une histoire
Qui se termine dans l’amour,
Qui se termine dans l’amour.

Sans toi

Chanson de l’album « Fictions » de Jane Birkin. CD Paru le 20 mars 2006.

Dans « Sans toi » on reconnaît immédiatement la plume de Cali… Dans son album « menteur » il avait déjà dédié une chanson à Jane Birkin « Pour Jane »

Tu vois, tu vois
Toutes ces journées sans toi
Ne servent à rien
Elles passent et puis voilà
Crois-moi, crois-moi
Toutes ces journées sans joie
Et toi comme un miracle
Qui n’arrive pas
Tout ce que je voulais
De beau pour toi et moi
C’est de la porcelaine
Qui vole en éclats
Tout ce que je voulais
De beau pour toi et moi
Et tous ces petits bouts
Qu’on ne retrouve pas
Reviens, reviens
Ou je me fous en bas
Ce n’est pas du chantage
Mais ça dépend de toi


Crois-moi, crois-moi
Crois-moi je ne mens pas
Si tu voyais mes cernes
La nuit je ne dors pas
Chaque jour sans amour
Rabote un peu de moi
Y’a des pelures dans tous les coins
Ma vie en petits tas
Tu m’as confié ton ombre
Mais toi tu n’es pas là
J’ai le brouillard de l’ombre
Sous chacun de mes pas

Tu vois, tu vois
Toutes ces journées sans toi
Ne servent à rien
Elles passent et puis voilà
Voilà , voilà
Que me revient tout ça
Ces journées, fous d’amour
Accrochée à ton bras
Six mois c’est long
Sans nouvelles de toi
Peut-être que je te manque
Mais je ne le sais pas
Six mois, six mois
Ça fait déjà six mois
Que je perds les pétales
Reviens-moi, reviens-moi

Et surtout ne sois pas heureux
Non, surtout pas sans moi
Puisses-tu finir pute, mal marié
Très seul et tout en bas
Tu vois, tu vois
Toutes ces journées sans toi
Ne mènent à rien
Je fais n’importe quoi
Sans toi


La courageuse

« La courageuse », fait parti du livre « Brigadistes ! » sorti à  l’occasion du 80ème anniversaire de la création des brigades Internationales. Celui-ci est composé de textes écrits par des auteurs, des compositeurs, des interprètes, des cinéastes, des dessinateurs de BD, et autres personnalités. Tous ayant été amené à croiser le chemin des Brigades internationales.

Lorsque les Franquistes prennent le pouvoir, la famille Caliciuri, doit de s’exiler. Ils quittent ainsi l’Espagne pour rejoindre la France. Une histoire que nous pouvons retrouver dans deux chansons, « L’exil » et « Giuseppe et Maria ».

Cali a imaginé la lettre que sa grand-mère, Maria del Pilar Gonzalez Veladol, a écrit au camp de Saint-Cyprien alors que son mari Guiseppe Caliuciuri, lieutenant de la XIIème Brigade du groupe Anna Poker était interné aux camps de Gurs puis d’Argelès-sur-mer.

Des étudiants en littérature ont travaillé sur cette lettre qui, si nous nous référons  aux témoignages recueillis par les historiens, semble très proche de la réalité.

Malgré la gravité de la situation cette lettre est pleine d’espoir, de vie, de rêve. Elle est surtout rempli d’humanité.

« Je rêve, oui je rêve. Que tu es là, debout au pied de ma couche. Mon beau soldat aux yeux si clairs. Je rêve, oui je rêve.  Et je vois l’Italie que je ne connais pas.

Je rêve, oui je rêve, tu es là, tu souris, mon beau brigadiste aux yeux si verts. Et tant pis pour l’Espagne, elle nous aura mariés, mais elle nous a tout pris. Il fallait s’en aller.

Je rêve oui je rêve,  dans cette laide baraque qui ronfle tout autour. Toutes ces femmes sans homme qui rêvent comme moi. Rêver pour seul secours. On leur a tout volé elles aussi. On ne leur prendra pas leur rêve cette nuit.

Je rêve que tes mains se posent sur ma peau. Une caresse maintenant, juste une caresse, j’en crève. Relève ma nuisette, viens te coller à moi, mon beau soldat debout, aux yeux si loin. Et ton corps si fort qui vient couvrir mon corps. Je suis si fatiguée et mes mains sont si laides. Un jour j’en prendrai soin. Tu pourrais me briser, je ne pèse plus rien. Regarde notre amour qui vole au dessus. Regarde. Tu m’en as fait toi du bien. Je ne regrette rien. Ni la faim, ni le froid, ni notre enfant qui dort juste à côté de moi. Il te ressemble tant. Je ne regrette rien, tu es l’homme qui me plaît, tu es l’homme que j’aime. Ils ne prendront pas ça. Nous avons traversé les montagnes hostiles et la neige et la route qui ne terminait pas. Nous avons traversé. Et la mer juste là sera un jour si belle. Mon amour si tu pouvais le voir, ton enfant comme il dort. Et comme il ne sait pas encore que le monde peut-être cruel. Mais non , ce monde n’est pas définitivement mauvais. Il ira, crois moi, vers le meilleur. Comme un enfant qui grandit et fait moins de bêtises. J’en fais le serment. Notre enfant est notre tout. Comme ses mains sont les tiennes ! et sa bouche et ses yeux! Je jure elle sera belle sa vie .

Je t’écris du fond de ce dortoir puant, où des corps fatigués gémissent et se serrent et ce gardien perdu qui se racle la gorge juste là derrière. Lui aussi il a froid et loin de sa famille il me fait de la peine. C’est drôle, son fusil ne me fait plus peur. L’autre jour, il m’a tendu son pot de lait. « Pour votre bébé », il a dit. Te rends-tu compte ? Vois-tu comme tout n’est pas si irrécupérable ?

Mais je rêve, je rêve et il me reste ça, ton sourire, mon soldat, et tes mains sur mon corps. Sous ce tissu marron, qui me cache un peu, nous nous serrons si fort. Je sens Le Bon Dieu qui n’existe plus et qui est là pourtant.

La-bas, à l’autre bout de la baraque froide, un bébé accroché au sein de sa maman. On dirait un chaton qui mordille un gant. Elle aussi elle rêve. Je vois ses yeux jetés par un bout de fenêtre, vers le loin de la mer. C’est sûr, elle a aimé.

Je souris doucement et puis ne m’en veux pas. Je suis sûr que là où tu es tu souris toi aussi. Avec d’autres fantômes, comme toi prisonniers, partageant vos mégots. Vous parlez de grand jour et de passionnaria…Et de Franco la muerte.

Tu sais, j’ai encore confiance en l’homme cette nuit. Je sais que grâce à nous et notre tragédie le futur sera beau. Il n’y aura plus d’exil. Tous ces gens malheureux. Plus de désespérés. Ces peuples égarés sur le bord des routes. Grâce à nous mon chéri.  Grâce à toi mon mari chéri. Le monde sera beau. Te rends-tu compte ? Je souris encore. Et puis je le redis, cet enfant qui dort là, juste là, juste à côté de moi, aura une belle vie, je le crache par terre.

Je rêve, oui je rêve. Pitié, que cette nuit jamais  ne s’arrête. Et que mes doigts gelés trouvent encore la force de serrer ce crayon. Je veux sentir  encore ta peau contre ma peau, mon beau soldat si fier, mon héros aux yeux clairs. Pose encore tes mains tout le long de mon corps. Mon corps, il est à toi. Et Je veux d’autres enfants. Car ses enfants de toi sont toute ma fierté. Et seront la fierté du mon de demain. Je crois en l’amour, alors j’ai foi en l’humanité c’est ça ?

Et dans ce pays neuf que l’on ne connaît pas, nous allons repartir. Nous allons tout reconstruire. Et puis je suis si fière de ce nom que tu m’as offert, Caliciuri…Il est de tous les pays, il est du monde entier, il me rend si jolie.

Le vois-tu toi aussi notre prochain refuge ? Cette ville ensoleillée avec sa grande rue et ses grands magasins ? Ah, nos enfants… je tiendrais leurs petites mains pour aller à l’école. Il n’y aura plus rien d’autres que cette vie devant. Dans leurs plus beaux habits, comme ils seront délicieux. Le vois-tu ce chemin qui mène à l’école et ces gens tout autour qui nous saluent, accueillants, et l’odeur du printemps ? Comme je serais fière ! Ils apprendront tout ! Oh ! Ils vont étudier, passionnément, goulûment ! cette langue nouvelle comme ils vont l’adorer ! Ils apprendront tant ! Jusqu’à la liberté ! Oui, je leur souhaite des poèmes et des chants d’amour. Et puis à l’heure d’éteindre leur petite lumière le soir ils me supplieront encore. « Un petit peu, maman, encore, s’il te plaît, une dernière page… » Ils voudront tout lire, tout lire tout de suite, tous les livres du monde.

Et les enfants de nos enfants ? As-tu pensé à ça mon amour ? Nous serons leur havre, leur repère. Et un jour ils sauront qu’il y avait de la neige et puis ce long chemin pour venir jusqu’ici. Oh, ce bébé qui dort juste à côté de moi, il fallait qu’il soit si fort pour s’accrocher à vivre ! Quand nous l’avons poussé dans sa brouette en bois en guise de landau pour passer la frontière, t’en souviens-tu ? Bien sûr tu te souviens ! Suis-je Bête ! Jamais nous n’oublierons. Nous lui avons parlé pas après pas. Tout ces mots de courage qui nous auront aidés à marcher nous aussi. Et tu lui as chanté l’Espagne et l’Italie. Je sais qu’il comprenait et qu’il sentait le souffle de cette vie meilleurs. Celle qui nous attendait au bout de cette route, nous et tous ces milliers.

Il est là notre bébé, notre futur, et il vit. Demain les nouvelles seront bonnes et nous seront ensemble. Mon beau soldat aux yeux si verts. Caresse-moi encore, tu me fais tant de bien. Grâce à toi, grâce à nous s’ouvre un futur radieux. Il n’y aura plus jamais jamais de familles égarées qui quittent leur pays. Qui laissent leur maison, Qui brûlent leur passé. Leur enfance. Qui laissent leurs racines. Qui abandonnent le sang de leur sang. Et ces églises où l’on se mariait. Et ces cimetières et leurs morts adorés qu’on fleurissait. Il n’y aura plus ces troupeaux de désespérés qui suivent un chemin dans la neige et le froid et le bruit des canons.

Je m’accroche à ta main. Quand ils m’ont arrachée la tienne les hommes d’un côté et les femmes de l’autre, j’ai vu ton regard noir, j’ai vu tes points serrés. Eh bien, vois-tu, ces poings seront toute ma force !

Oui, tu m’as tout donné à cette instant. Je ne lâcherais rien. Ces poings que tu serrais mon homme, ces poings sont dans mon coeur. Oh ! Mon amour. Tu es l’homme qui me plaît, tu es l’homme que j’aime, s’il te plaît reviens-moi, je t’attends, courageuse. »

 

Poppée

« L’Âge d’or » , sixième album de Cali dont le titre est un hommage à la chanson de Léo Ferré

La chanson Poppée est dédiée à sa deuxième fille.

C’est une chanson douce,  rafraîchissante, émouvante.

Cali décrit ici, avec une grande poésie, le fait de découvrir un nouveau né, l’extase d’un papa à l’arrivée d’un nourrisson dans sa vie.  En écoutant ce morceau, nous pouvons imaginer  le bonheur du père, à genoux, devant sa princesse.

Le son du  piano (enregistré par Steve Nieve) est assourdi, cotonneux. Il fait bien penser au bonheur familial dans lequel elle arrive.

Juste avant dans l’album, nous pouvons écouter l’instrumental « Poppée in utero » que David François Moreau, le réalisateur de l’album, qui est compositeur de musiques de films et de ballet,  a écrit comme une bande originale d’échographie. Dans ce morceau nous pouvons, en autre, entendre chantonner  Coco, première fille du chanteur.  Coco qui chante en duo avec son papa la chanson de l’album qui porte son nom.

« Poppée » est suivie de la dernière  chanson de l’album :  l’âge d’or qui décrit le rêve du renouveau. C’est une des rares chansons de Léo Ferré très positive.

T’as l’visage qui plie comme un bandonéon
Quand tu souris aux anges t’es si belle j’suis si con
Poppée
T’as l’visage qui s’ouvre comme la mer y a longtemps
Quand tes brillants découvrent
Ce soleil qui est si grand
Poppée
Toi t’as planté ton camp entre tes deux parents
Dans un lit bien trop grand où deux vieux paresseux
Poppée
S’endorment juste avant d’être encore amoureux
C’est pas qu’tu prends d’la place dans ton lit tu s’rais mieux
Poppée
Cet amour qu’était là au bout de notre fusil
J’étais prêt à tirer, je jure qu’elle aussi
Poppée
Et puis t’es venue donner à boire à nos chevaux
Dans cette nuit sans lune au bout de notre rouleau
Poppée
Quand je plante mon nez dans ton cou ma Poppée
Comme dans un verre à pied
Je renifle l’odeur de ta robe fruitée
Et ça pique sous mes paupières Poppée
Et le bonheur qui coule alors dans mes ruisseaux
M’arrache à cet instant à cette vie de salaud
Toi tu marches à quatre pattes, moi je tiens plus debout
Dans tes cheveux en soie, y a du blond, y a du roux
Poppée
Y’ a la carte du monde dessinée dans tes mains
qui viennent se râper à ma barbe du matin
Poppée
Et sur ce ring doré où j’ai pris trop de coups
Je m’écroule mais je ne te lâcherai pas mon petit bout
T’es belle comme une prière, t’es belle sans l’faire exprès
J’te regarde à genoux, tu m’regardes étonnée
T’as le visage qui se plie comme un bandonéon
Quand tu souris aux anges t’es si belle je suis si con

une femme se repose

« Une femme se repose », titre de l’album « Vernet-les-Bains » sorti en 2012.

Pour cette chanson Cali s’est inspiré du regard d’une femme assise, seule, devant sa maison, dans le village de Vernet-les-Bains. C’est  une description touchante de l’état d’une femme au bout de sa vie. Il image qu’elle a perdu la plupart de ses proches. Il arrive à nous mettre  dans la tête des images, à faire vivre les mots.

Une histoire attendrissante qui pourrait appartenir à beaucoup de grand-mère.

L’auteur agit comme un metteur en scènes, les clichés défilent avec une description minutieuse : « Des visages sur la cheminée, des fantômes qui prennent la pose »/ « elle cherche son enfance sur le moulin à café Peugeot ».

La musique lancinante dégage une atmosphère dramatique et  touchante.

Une femme se repose
Tout autour, toute sa vie, toutes ces choses
Des visages sur la cheminée
Des fantômes qui prennent la pose

Une femme se repose
Dans ses yeux des mariages, des enterrements, toutes ces choses
Tout n ‘était pas si noir,
Rien n’était vraiment rose.

Les amis disparus
Les tables noires posées dans les rues
Les enfants partis trop tôt, toutes ces choses,
Une femme se repose.

Une femme se repose
Et comme un robinet qui fuit,
Sa mémoire se sauve.
Elle cherche son enfance sur un moulin à café Peugeot,
Dans l’odeur d’une rose.

Et du fond du mois d’août,
Le soleil qui inonde
Elle a perdu tout et tout le monde
Elle a perdu tout et tout le monde

Et du fond du mois d’août,
Le soleil qui inonde
Elle a perdu tout et tout le monde
Elle a perdu tout et tout le monde

Une femme se souvient
Des bals d’avant la guerre, c’était quelque chose,
Où sont-ils tous partis ?
où s’en vont les choses ?

Une femme tient dans sa main
Une lettre pleine de mots d’amour et toutes ces choses
La lettre de son seul amour,
Une femme se repose.

Et du fond du mois d’août,
Le soleil qui inonde
Elle a perdu tout et tout le monde
Elle a perdu tout et tout le monde

Et du fond du mois d’août,
Le soleil qui inonde
Elle a perdu tout et tout le monde
Elle a perdu tout et tout le monde

Une femme se repose
Tout autour, toute sa vie, toutes ces choses
Des visages sur la cheminée
Des fantômes qui prennent la pose

elle a mal

La  thématique de la violence est familière pour Cali, il l’a déjà évoqué, entre autre, dans  la chanson « Mes Vieux Cinglés » de  l’album « Vernet-les-Bains »  en 2012.

Dans « Elle a mal » titre de l’album les »choses défendues », Cali décrit, sans fard, la violence conjugale.

Inspiré par la  légende du rock, Bruce Springsteen, il raconte avec  précision l’histoire d’une femme battue par son mari. Il a expliqué s’être imaginé  à la façon de  Springsteen, dans la pièce où l’histoire se passe, invisible, témoins de cette scène, il observe et raconte…

Cali ne s’interdit rien, il peut aller très loin dans l’écriture.

Dans ce texte on remarque une pose tendresse : « Alors elle pense à sa grand-mère /A sa peau, c’était doux /Il n’y a pas plus doux qu’une peau de grand-mère /Surtout dans le cou ».

La fin de cette histoire est vécue par beaucoup de victimes . Jusqu’au dernier couplet on comprend que la femme ne quittera pas son mari, la vie continue.

Cette chanson est réaliste : plus de 80% des victimes de violences conjugales se taisent…

Il prend le couteau et il hurle
Il la tient par la gorge
La tête collée sur la table
Elle a mal

Elle est peut-être encore belle
Mais deux traces jaunes et bleues lui bandent les yeux
Allongée sur la table
Elle a mal

Il n’a plus le même visage
Celui qu’elle a aimé la première fois
Non ce sont d’autres yeux
Qu’elle ne connaît pas

Une autre bouche, d’autres doigts
Qui lui serrent le cou
D’autres mains qui lui font mal

Il la cogne encore un moment
Et il hurle encore un moment
Sur la joue, dans le ventre, derrière la tête
Elle a mal

Et puis il se met en boule sur le sol comme ça
Et puis il gémit et il pleure tout bas
Il lui dit qu’il l’aime
Elle a mal

Elle est vivante
Le calme est revenu
Elle est vivante
Mais ça ne se voit plus

Elle ne dira rien
Elle le prendra dans ses bras
Elle ne dira rien encore une fois

Allongée sur la table
Ses petits poings serrés comme si elle retenait du sable
Elle fixe le plafond
Elle pleure sans pleurer

Alors elle pense à sa grand-mère
A sa peau, c’était doux
Il n’y a pas plus doux qu’une peau de grand-mère
Surtout dans le cou

Elle reconnaît ce visage
C’est le même que la première fois
Elle a aimé ce visage, cette bouche
Ces yeux, ces doigts

Maintenant elle sourit
Autour de son cou
Sa petite croix est toujours là
Elle est vivante
Ils pleurent tous les deux
Elle le prend dans ses bras

https://www.violencequefaire.ch/ 

comme j’étais en vie

Ce titre est extrait de l’album  « l’Espoir » sorti en 2008.

Dans cette chanson Cali décrit un moment précieux et indispensable de sa vie : La fête de Fillols, les lampions , l’orchestre…

Fillols est un village situé dans les Pyrénées Orientale près de Vernet-les-Bains. Pendant 3 jours, chaque année, une fête authentique se déroule sur la place du village au pied de église avec des costumes ancestrales,  une scène qui accueille des orchestres, dont un  « Lithium »,  groupe dont l’artiste a fait partie. Une occasion de se retrouver en famille et entre amis. C’est un moment qui permet de s’abandonner en toute quiétude.

Cette ballade exprime à quel point cette fête lui permet de réaliser que la vie est précieuse qu’elle lui permet de vivre un instant de vrai vie.

La musique soul qui accompagne les paroles souligne l’émotion ressentie pendant cet instant de bonheur…

J’étais dingue de toi, prêt à toutes les conneries, prêt à faire n’importe quoi
Je me souviens de ces quelques pas que tu m’avais appris
Pour valser sous les feux mon amour
Je me souviens des lampions et de l’orchestre
Et les autres riaient, on tournait, maladroits
Mais la nuit nous appartenait
Et puis quand tu m’as dit
Laissons-les boire à notre amour qui hurle
Putain
Comme j’étais en vie

Et j’embrassais tes doigts
Et j’embrassais tes yeux
J’étais dingue de toi, je n’avais plus besoin de perdre
Tu m’as pris par la manche et dans cette petite rue
Nous brûlions l’un près de l’autre
Putain
Comme j’étais en vie

Je me souviens de notre dernier mot, le plus inoubliable
Et de tes lèvres qui brillaient dans le soir
Et puis on a rejoint les autres dans les rires, le bonheur et le vin
Tu venais de temps en temps, délicieuse, prendre ma bouche
Mon Dieu comme j’étais beau
Putain
Comme j’étais en vie

J’étais dingue de toi, prêt à toutes les conneries, prêt à faire n’importe quoi
Je me souviens de ces quelques pas que tu m’avais appris
Mon Dieu, comme j’étais beau

A deux pas

« A deux pas  » titre de l’album « les choses défendues » sorti en novembre 2016.

A la première écoute, cette chanson semble très différente.

Après plusieurs écoutes on se rend contre qu’elle est vraiment prodigieuse.

La musique  est très opposée à toutes les autres musiques de Cali.

Même la manière de chanter de Cali est unique. Au début ça déstabilise puis on comprend que la musique accompagne magnifiquement bien le texte.

Les paroles de cette chanson sont très inattendues, à la première écoute, on se demande bien ce que Cali a voulu raconter.

Nous sommes tellement pris par la musique que le texte semble secondaire mais très vite on comprend qu’il s’agit peut-être d’une  histoire d’amour qui n’aura jamais lieu, par la peur de franchir ses deux pas  « de trop ».

Nous pouvons imaginer aussi le projet d’ un mariage qui fait peur (« les vitraux du Chagall immortel de la cathédrale de Metz », « deux pas c’est toute une vie à baisser la tête timide », « une vie à ne jamais oser enjamber à sauter dans le vide »).

Est-ce un homme troublé ou un homme amoureux qui hésite à franchir le cap du mariage …..

A deux Pas
Cali

Vous êtes là, devant moi
Et vos cheveux qui coulent
Sur votre dos si beau
Et le soleil qui perce votre robe
Et qui se glisse entre vos jambes
Jusqu’en haut
Et par vos fesses je vois les vitraux
Du Chagall immortel
De la cathédrale de Metz
Vous êtes là à deux pas
Vous êtes là ci belle

Vous êtes là à deux pas
Deux pas c’est toute une vie
A baisser la tête timide
Une vie à jamais oser enjamber
A sauter dans le vide
A rester dans sa chambre
A bouffer le verbe aimer
Vous êtes là à deux pas
Juste là devant moi

Vous êtes prête devant moi
Et mon coeur voudrait mordre
Mais mes jambes ne peuvent pas
Deux pas il n y a que le bras à tendre
Vous êtes là à deux pas

Alors je baisse la tête
et je retourne là bas
Vers le bruit de la vie
Ce soir dans ma chambre vide
En reniflant votre dos
Je brûlerais stupide
encore une fois c’était deux pas de trop.

je ne te reconnais plus

Quand il chante Je ne te reconnais plus (titre de l’album l’espoir) avec Olivia Ruiz, Cali  dénonce autant l’amour déçu que la France d’aujourd’hui.

l’album a été, en partie, réalisé par Mathias Malzieu (chanteur de Dionysos), il  n’a pas pu s’abstenir  de jouer du  ukulélé sur ce morceau.

La musique  à une rythmique groove rap limite hip hop nonchalante….elle  accentue le poids des mots pour nous permettre de nous rendre compte de la méchanceté des paroles.

Cette chanson s’apparente à  tu te laisses aller de Charles Aznavour où le mari dit les pires choses à sa femme.

CALI et OLIVIA RUIZ
CALI et OLIVIA RUIZ

Je ne te reconnais plus, ton allure et tes faux seins
Quand tu descends notre rue
Tu apprends à écrire maintenant, de la main droite il parait
Tu écoutes le jazz maintenant, juste pour être accepté
Dans ce genre de soirée

Je ne te reconnais plus, tu as même changé la façon
De tenir ta cigarette
Ton père était un maçon, ta mère continue ses ménages
Leur as-tu caché ça aussi ?
Iras-tu vomir à la fin du repas, juste pour garder ta ligne
Dis moi, as-tu honte aussi de moi?

Je ne te reconnais plus, je m’en fout de toute façon
J’ai le souvenir de cette fille, plate comme un jeune garçon
Un peu gauche et qui insultait, le monde entier quand elle avait trop bu
Je me souviens je l’aimais, je ne la reconnais plus

 

Il y a une question

Il y a une question titre du premier album l’amour parfait de Cali.

Dans ce texte le compositeur déclame une liste de question qu’il se pose. Il doute sur les sentiments de sa bien-aimée . Il veut être rassuré.

Trois questions sont hors contexte elles sont inattendues et rompt la liste du questionnement  amoureux.

Le premier refrain « Ou vont  les canards quand il fait trop froid , » est inspiré du livre  l’Attrape-cœurs de J.D. Salinger que l’on a retrouvé sur David Chapman, l’assassin de John Lennon. Dans le roman le jeune Holden Caulfield  pose une question essentielle : « Vous savez pas par hasard où vont les canards quand le lac est complètement gelé ? »

Dans sa chanson Cali ose  la phrase «Combien de jours de deuil à la mort de Johnny ?». Il explique ne rien n’avoir contre l’interprète, mais déteste le décorum qu’il y avait autour de lui. Tout ce qui a été fait pour les soixante ans de Johnny Hallyday, lui ont semblé indécent. Il a expliqué dans la presse « En fait, j’ai écrit cette chanson après avoir été terrifié. J’étais dans une manif d’intermittents et, devant moi, il y avait le sosie de Johnny, à droite, l’affiche du film de Johnny, à gauche une pub sur le dernier DVD de Johnny et derrière la une de « Match » avec Johnny et sa femme. Et quand je rentre chez moi, l’émission sur le compte à rebours de ses 60 ans. Trop c’est trop. La question est venue de là. »

Penses-tu à moi comme je pense à toi?
Penses-tu à ça, aussi souvent que moi?
Penses-tu que c’est la bonne cette fois?
Penses-tu pouvoir me faire oublier la conne d’avant toi?
Suis-je bien fait pour toi?
Dans 2000 matins est-ce que ma tête te reviendra?
Suis-je aussi bien foutu que voudraient le sentir tes doigts?
Quand ils partent à l’éclaireur me chercher sous les draps?
Est-ce que ça va sourire pour nous si l’on croise les doigts?
Est-ce que l’on pourrait se perdre tout d’un coup comme ça?
Aurais-je assez de talent?
Pour que tu m’aimes tout le temps?
Approche
Il y a cette question qui ne me lâche pas
Où vont les canards quand il fait trop froid?
Penses-tu rester toujours tout près de moi?
Saurais-je mieux t’aimer que celui avant moi?
Pourrais-tu mourir dans le creux de mes bras?
Est-ce que la jalousie nous dévorera?
Toutes ces questions qui me tiennent
Toutes ces questions qui me saignent
Approche
Il y a une  question qui ne me quitte plus
Sur quoi tirent les chasseurs quand ils ont trop bu?
Pourrais-tu me descendre quand la rage monte du fond de toi?
Pourrais-je renifler le fond de tes culottes quand tu n’es pas là?
Croqueras-tu toujours ma bouche avec autant de foi?
Croque ma bouche
Croque la
Croque la …Ho
Aller Approche
Il y a cette question qui hante mes nuits
Combien de jours de deuil à la mort de Johnny?